Petit traité de dégustation du jambon de Bellota

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Petit traité de dégustation du jambon de Bellota

« Tel un grand vin, le jambon de Bellota aime jouer avec tous vos sens et vous enivrer de son bouquet délicat et complexe. » Florence Châtelet Sánchez, fondatrice de Maison DEHESA.

Sachez apprécier le jambon à la vue et à l’odorat tout d’abord

La chair doit être de couleur rouge foncé et présenter de nombreuses infiltrations de gras.

La chair doit suinter, preuve qu’elle est à bonne température pour laisser éclore les effluves très singuliers de Bellota.

Le toucher et le goût ensuite…

Au toucher, la tranche doit être aussi fine que de la dentelle.

Il convient de goûter en premier lieu le gras du jambon pour s’imprégner de tous les arômes et de la complexité du millésime. Garder le gras en bouche, pour que l’air descende par le nez : au contact de l’oxygène, les flaveurs se révèlent. Appréhender le jambon en commençant par une petite tranche de gras, c’est ressentir toute l’expression du terroir où a été élevé le cochon ; outre les glands de chêne, ce sont toutes les herbes et les fruits méditerranéens dont il s’est nourri et qui apportent la minéralité et la richesse des arômes.

Vient ensuite la dégustation de la chair du jambon, dont l’entrée en bouche doit être élégante. Elle se révèle fondante et ses flaveurs de Bellota se dégagent progressivement, en milieu puis en fin de bouche, sans laisser un arrière-goût de gras ou de sel. Sur les jambons présentant plus de 42 mois d’affinage, des notes florales, de fruits secs et de fruits confits se développent harmonieusement en milieu et en fin de bouche. La longueur en bouche des arômes, qui se mesure en caudalies, est témoin d’une qualité exceptionnelle.

La dégustation à bonne température

Trop souvent le jambon est consommé avec gourmandise et précipitation : à peine entré dans la bouche, il traverse déjà notre gorge gourmande. Et bien souvent, les tranches sont encore loin de la température idoine pour sa dégustation…

Il devient dès lors impossible d’apprécier toute la palette aromatique du jambon, surtout pour ceux dont l’affinage est supérieur à 50 mois et dont les arômes s’expriment très progressivement en s’étirant.

Pour les consommateurs de jambons prétranchés, cela consiste à ouvrir le sachet à l’avance pour que les tranches puissent s’aérer et libérer leurs arômes. L’idéal est d’ouvrir le sachet une demi-heure avant consommation, à température ambiante. Servez toujours le jambon sur une assiette tiède, quel que soit son affinage : une douce chaleur libère ses arômes.

Au total, un jambon qui procède d’un élevage de deux ans et d’un affinage de 3 à 4 ans minimum est une œuvre délicate et fragile. Il ne faut en aucun cas heurter sa belle palette aromatique par de fortes variations de température ou d’humidité. Il faut donc laisser le temps au temps et attendre patiemment que le doux jambon joue de ses charmes subtils pour exprimer toute sa personnalité.

Encore quelques conseils pour les aficionados

Chaque jambon est différent. Il existe des millésimes qu’il convient de laisser vieillir plus de 70 mois et d’autres pas. Seule la dernière année de « campaña de bellota » (année de récolte de glands) dont bénéficie le cochon permet de savoir si le jambon s’inscrira dans un millésime faste ou pas. Par ailleurs, dans un même millésime, il y a des jambons qui supposent plus de temps d’affinage que d’autres. Cela dépend aussi du poids. Et de la climatologie, sur les années d’affinage. Si certains hivers sont trop humides, les jambons devront prolonger leur temps d’affinage de 3 à 6 mois. Il faut donc connaître ses jambons, leur histoire, le temps qu’ils ont parcouru, et idéalement vérifier leur évolution, au nez, semaine après semaine dans une cave dédiée.

Le jambon de Bellota dans sa plus pure expression aromatique. Les accords : accompagnez votre jambon de Bellota de pain à la mie blanche et aéré. Le pain peut être toasté et légèrement sucré (pain légèrement brioché ou pain de maïs) mais évitez tout pain noir ou aux céréales, présentant un taux d’acidité trop élevé. Les accompagnements idoines du jambon de Bellota sont la pomme de terre ratte écrasée et un toast friand de tomates fraîches frotté à l’ail et arrosé d’huile d’olive vierge extra. En outre, le jambon de Bellota s’accorde parfaitement avec le foie gras, l’œuf en tortilla ou poché, la figue, la gelée de coing, les asperges ou encore le turbot et les noix de Saint-Jacques. Si le jambon Maison DEHESA permet des accords multiples, il est recommandé de les utiliser avec parcimonie, sur de vieux millésimes (affinage supérieur à 52 mois) afin de ne pas écraser la riche et délicate palette aromatique, qui ne se laisse découvrir que peu à peu, comme pour mieux provoquer les gourmands impatients ! Préférez un vin minéral ou légèrement oxydé, ou bien encore un champagne vineux, tel un brut blanc de la maison Krug, un blanc de blancs de la maison Ruinart, ou le rosé de la maison Billecart-Salmon. Le filtre minéral qui fait tant la réputation des jambons Maison DEHESA sera sublimé par les cépages chardonnay et pinot des grands champagnes et des vins blancs de Bourgogne. Les défauts : comme pour le vin, le jambon peut présenter des défauts liés à des erreurs dans le processus d’affinage. On peut trouver des notes de sel, lorsque l’affinage n’a pas été porté à son point d’optimalité ; des notes de moisi lorsque l’humidité a été trop forte lors de son affinage ou de sa conservation. On parle aussi de jambon pommadé lorsqu’il présente des notes sucrées trop importantes liées à un engraissement du cochon à base de farines ou d’ajouts de sucres dans le jambon (procédé industriel).

Une tranche de jambon de Bellota en gros plan, le gras persillé dans la chair
Glands de chêne, nourriture des porcs Ibérico pendant la montanera
Jambons de Bellota en affinage dans la cave, près d’une fenêtre
Porcs Ibérico en liberté dans la dehesa, sous les chênes

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